Île de Mans

Le nom «Man» (mannois mann) vient du nom du héros légendaire Manannan Mac Lir, dieu-guerrier souverain de l’Autre Monde celtique; Manannan Mac Lir ne semble être qu’un aspect du dieu-roi Lugh.
Située en mer d’Irlande, l’île de Man sur ses 570 km2 compte 60 000 habitants, dont la moitié dans la station balnéaire au charme retro de Douglas.

Ce paradis fiscal autonome a hérité de ses occupants vikings du plus vieux parlement du monde, qui fonctionne depuis plus de mille ans sur la colline celte de Tynwald. A travers ses routes tortueuses et des paysages plus doux que l’Écosse qu’elle évoque, Man est célèbre pour ses courses de moto, ses chats sans queue, ses béliers à quatre cornes et son tram tiré par des chevaux sans vapeur.

Des recherches récentes tendraient à démontrer qu’avant 8500 av. J.-C., Man était reliée à la Cumbrie au moyen d’une bande de terre qui a progressivement été envahie par la mer. Il n’existe pas de preuve pourtant qu’à cette époque Man était habitée.

L’arrivée de groupes humains sur l’île de Man semble toutefois antérieure d’au moins mille années aux principaux vestiges du Néolithique que l’on trouve sur plusieurs sites.

L’histoire de l’île de Man, si l’on excepte l’ère préhistorique, est généralement divisée en quatre périodes : La première est celle au cours de laquelle les Celtes occupaient l’île, à partir de 500 av. J.-C environ, la deuxième, celle des invasions vikings, dont la première mention sur Man remonte à 798 (mis à sac de Saint-Patrick) et de la prise de contrôle par les Scandinaves et l’instauration d’une lignée royale norvégienne la troisième correspond à l’époque de la domination anglaise, en la personne des comtes de Derby et des ducs d’Atholl et la quatrième à la période contemporaine depuis 1866, date à partir de laquelle l’île a obtenu une autonomie croissante.

C’est le Néolithique qui a laissé le plus de vestiges sur l’île de Man. 

Le site de Minorca, près de la petite ville de Laxey, abrite un cairn, dénommé la « Tombe du roi Orry » et attribué à tort au héros mannois Godred Crovan (mort en 1095). Cette tombe de 12 mètres de long lui est très antérieure et date de -4000 environ.

On date de la même période le site de Mull Hill. Le Mull Hill (aussi dénommé Meayll Hill ou The Mull) est une petite colline située à l’extrémité méridionale de l’île de Man, à proximité du village de Cregneash et dont la vue s’étend sur la petite ville côtière de Port Erin, sur la péninsule de Meayll. Elle abrite un cercle de pierres de 18 mètres de diamètre, daté du Néolithique et appelé le cercle de Mull ou le cercle de Meayll. Celui-ci fut mis à jour en 1911 et complètement dégagé en 1971.

Le site de Cashtal yn Ard, dans la paroisse de Maughold, lui, est plus récent (-2000).

Cashtal yn Ard est un cairn de l’époque néolithique, comprenant cinq chambres, long d’une quarantaine de mètres, ce qui en fait l’un des monuments néolithiques les plus vastes des Îles britanniques. Comme les autres cairns de l’île, il avait vocation à servir de tombe à des chefs mannois ainsi qu’à leurs familles. On y a découvert des ossements humains et des éléments de poterie du Néolithique.

L’installation des peuples celtes remonte vers 500 av. J.-C. La langue mannoise, appartenant à la branche gaélique des langues celtiques, ne se différenciera de l’erse qu’à partir du XVe siècle.

Il est communément admis que le christianisme fut importé sur l’île de Man par le moine irlandais saint Patrick et que, par la suite, des moines venus de pays celtiques, et de l’Irlande en particulier, effectuèrent des voyages missionnaires à partir de l’an 500. On recense sur l’île 35 croix celtiques (nommées keeills) remontant probablement à cette époque, mais il en existait au moins 174 que des documents anciens citent. Ces croix étaient généralement érigées sur des monuments funéraires. De nombreuses églises et chapelles ont été édifiées sur l’emplacement de keeills.

La première incursion retranscrite des Vikings sur l’île de Man date de 798. La toponymie mannoise atteste de l’importance de la culture scandinave sur la vie de l’île au IXe siècle. 

C’est à cette époque qu’apparaissent les Gall-Gaedhil en Irlande. Guerriers d’origine mi-norroise mi-celtique, ils colonisent une bonne partie de l’Irlande et probablement aussi de lîle de Man. Au fil des décennies, ils se fondent à la population par le moyen de mariages et créent une population insulaire originale que l’on dénomme « celto-norroise ».

Les Celto-Norrois sont païens alors que les insulaires ont été évangélisés. Il va se développer sur l’île une culture assez originale liée à la mort. Des dizaines de tumulus sont érigés, particulièrement sur les côtes, suivant les anciennes coutumes vikings.

.La base commune des légendes celtiques tend à prouver qu’il existe à cette époque une réelle entité culturelle dans la région autour de la mer d’Irlande. Les personnages de Manannan Mac Lir, Conchobar, roi d’Ulster, Culainn, le forgeron de l’île de Man, sont des thèmes repris dans plusieurs pays celtiques.

La légende veut que le lac Lough Neagh ait été formé par le géant Fionn mac Cumhail (ou Finn McCool). Celui-ci en se battant contre un rival écossais, arracha un morceau de terre et le lui lança dessus. Il rata sa cible et le morceau atterrit en pleine mer d’Irlande créant ainsi l’île de Man.

Un chien noir est un spectre présent principalement dans le folklore britannique C’est en général une créature nocturne. Son apparition était considéré comme un présage de mort. Il est souvent décrit plus grand et plus gros qu’un chien normal, et doté d’yeux rougeoyants. Il se dégage de lui une impression de froid, de découragement, et de désespoir, ce qui justifie l’imprécision des descriptions le concernant. Dans l’île de Man, il nommé Mauthe Doog, ou Moddey Dhoo (chien noir en mannois). On prétend qu’il aime à hanter les environs de Peel Castle. Les gens de l’île croient que quiconque voit clairement le chien mourra peu de temps après la rencontre. Les origines du mythe du chien noir sont difficiles à discerner. Il est impossible de déterminer si c’est de la culture celtique ou germanique que vient cet élément dans la culture britannique. Depuis toujours, dans la mythologie européenne, les chiens ont été associés à la mort.

Le chat manx (kayt Manninagh ou stubbin en mannois), aussi appelé chat de l’île de Man, est originaire, comme son nom l’indique, de l’île britannique de Man. 

Le folklore anglais attribue ce caractère à la pingrerie des habitants de l’île, qui auraient, lors d’un lointain hiver très rigoureux, coupé la queue de tous les chats pour économiser le bois de chauffage. En effet, la porte de la maison se refermerait ainsi plus vite sur les chats, ce qui éviterait que la chaleur ne s’échappe dehors.

 Les chats ne figurent pas parmi les animaux que Noé embarqua sur son arche. Et une autre légende explique que le chat était en retard pour monter dans l’Arche qu’avait construite Noé. Il arriva juste au moment où Noé ferma la porte et sa queue y resta prise de sorte qu’elle fût coupée.

L’île de Man est profondément ancrée dans le folklore. Pour s’assurer la chance sur l’île, les visiteurs sont fortement incités à saluer les fées à chaque fois qu’ils empruntent le pont aux fées, Fairy Bridge, sur la route principale entre l’aéroport et Douglas.

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